48H en 1 minute

 

 

 

ça commence pas on plonge dedans in medias resc’est par là attention par là excusez-moi par là on suit voilà quelque chose mais quoi on ne sait pas quelque chose enfin qui avance avance avance toujours qui tourne à droite encore à droite qui va tout droit qui va à gauche avance parmi la foule et parfois recule nous propulse on tombe on rampe on cesse de respirer les arbres pendent le sol est mou l’air est orange l’océan coule le long des murs s’engouffre partout le sol n’existe plus le soleil n’existe plus l’eau nous entoure mais on respire on s’en rend compte dans l’eau on y arrive après il y a une fête un genre de carnaval avec des gens pas importants mais vraiment pas importants des gens qui tout d’un coup deviennent nôtres quelqu’un à qui l’on tient quelqu’un une seule personne pour qui on pourrait courir sur toute la voie lactée il y a des choses violentes des corps qui se percutent mais jamais vraiment des cris retenus jamais poussés des ralentis sous un soleil jaune sous un soleil noir sous un soleil bleu puis des pistes de ski un ascenseur quelqu’un qui nous pourchasse un pistolet contre la cuisse puis de nouveau la neige étincelante une scène de théâtre au milieu d’un slalom une scène de théâtre jaillie du sol érigée dressée vers le soleil on tombe dedans les skis s’emmêlent on se relève dans un costume sans savoir de quel spectacle il s’agit

 

 

Par Johanna Hess




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