La fin du monde

 

La fin du monde,

ou le jaune de leur colère

 

Le gosse a froid. Il fait nuit. Comme d’habitude. Ça fait longtemps qu’il fait nuit. Les gens s’y sont habitués.

 

Les gens s’habituent vite.

 

Le vent se lève. Le calme cesse. Sans secousses. Le gosse entend le sifflement du souffle. Son oreille se tend.

 

La nuit se fait plus noir. Encore.

 

Il est minuit. Le monde s’est endormi. Sans contestation, aucune. Le gosse lui, n’a pas sommeil. Trop de nuits se sont écoulés sans poser de questions, aucune.

 

Il se lève. Contemple la vue. Ça lui plaît. Il sourit même. La courbe des cimes fascine son innocence.

Le doute dessine une ombre sur son visage.

L’ombre d’un doute.

 

Des cris au loin, se joignent à la mélodie du vent. Du Free Jazz à l’état de nature, chaque instrument brandissant sa liberté comme unique raison de vivre.

Le combat fait rage.

 

Une heure est passé. Le gosse n’a pas bougé d’un pouce. Il se fait spectateur de la bataille entre les deux titans.

La foule Lointaine qui éclabousse le Calme de l’Air.

 

Après l’oreille, c’est tout son visage qui se tend.

Il se met à marcher.

 

Ses pas sont lents. Lourd. Il est déjà las. Sans doute ne tiendra t-il pas jusqu’à destination.

 

D’ailleurs.

 

Il n’a sûrement pas encore de destination. La chaleur de ses muscles transforme l’air en fumée. Ses talons laissent des traces indélébiles dans la terre. Ses yeux sombrent dans les paysages qu’il rencontre.

 

Le bouillonnent sonore se déplace. Rapidement. Grandit.

 

Vite.

 

La terreur grandit aussi. En lui.

 

Encore une heure est passé.

Le trouble a fait son petit bonhomme de chemin. Il a fait oublié l’effort de la marche.

Il a fait de l’ordre, un dur labeur.

 

Le temps qui était figé depuis toujours s’agite.

Le gosse aussi, s’agite.

 

Au contacte des ondes produites par le bourdonnement de la foule, la poussière se soulève.

 

Elle s’incruste dans ses yeux. Il ne peut plus les ouvrir. Sa tête se met a tourner dans tout les sens.

 

Le. Bruit. Est. Là.

 

Partout. Le vent souffle. Les cris l’encerclent. Il est temps de faire son choix. Le jour va bientôt se lever.

 

Il refuse la panique. S’assoit. Contemple le fond de ses yeux.

 

C’est cela, sa destination.

 

Le jour.

 

Ni les cris, ni le vent, ne viendront troubler son calme.

 

Le jour.

Le jour.

Le jour.

 

Par Joseph Hussenot




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