48h

48H

Que j’attends enfermé dans une pièce noir que l’on vienne me cherche et rien ne se passe.

Le temps qui coule, le temps qui coule,

Qu’ensemble prenant appuis sur le mur de nos imaginaires nous construisons des fictions relativement mauvaises

Avec des mauvais personnages rapidement esquissés

Avec des mauvaises intrigues des mots mal choisis à poser comme des pansements sur nos maux incompris.

Notre jolie médiocrité nous relie.

Ensemble nous sommes mauvais, ensemble nous faisons des fautes, ensemble nous relevons la tête de notre clavier, fiers de nos beaux mots, de nos gros mots, bien agencé qui ne font pas sens.

Que le noir de ma pièce sombre déteint sur mon humeur si coloré au départ.

Aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe,

Le temps qui coule, le temps qui coule,

J’ai une faille dans l’épaule droite, c’est à dire que lorsque je la lève par exemple pour attraper un objet ou bien un être elle me lance, elle me fait mal quoi.

J’ai une faille à l’épaule droite comme un creux comme une bosse qui me gêne un peu de temps à autre, on me demande « qu’est-ce que tu as ? » et je réponds « une faille à l’épaule droite »

C’est rien de grave hein, rien de drôle, rien de mal, c’est juste une faille à l’épaule droite, qui fait que j’ai besoin de plus de sommeil, parce que je dors que d’un coté, sur l’épaule gauche quoi.

J’ai une faille à l’épaule droite qui me dérange mais très peu hein j’en parle vraiment pour en parler.

Voilà 48h déjà que je l’écoute elle me dit presque rien c’est juste une petite faille de rien du tout. Et peut être que si je n’en avais pas parlé vous ne l’auriez pas su. Et peut être même que là je vous en parle mais que demain vous aurez oublié totalement que je vous ai parlé de ça que je vous ai écris ça.

Je peux pas pas dormir, mais j’ai tellement envie.

Je peux pas dormir parce que je dois écrire mais comme j’ai, et je vous en ai déjà un peu parlé, une faille à l’épaule droite, toute est plus loin pour moi.
On m’a enchaine ici dans cette pièce j’ai froid et je veux pas écrire j’ai rien à dire.

Et même ce que j’ai à dire je vous le dirais pas parce que je vous connais pas, j’sais pas qui vous êtes, derrière vos lunettes vous ne me regardez même pas ça vous est égal, j’suis enchaine par ma nécessité à moi mais je vous dirais rien.

Même si vous n’attendez rien je vous le précise il n’y a rien à attendre, qu’on soit sûr quoi. 48h ça me fait pas peur à moi, pas une seconde quoi, vous me connaissez pas ça se voit.

Une fois pendant 48h j’ai tenu le bras d’une grand-mère jusqu’à ce qu’elle meurt je lui ai tenu on écoutait de la musique classique elle pouvait pas parler même pas remuer la tête elle me regardait mais elle était plus là déjà la musique c’était que pour moi.

C’EST POUR MOI TOUT CA, PAS POUR VOUS VOUS VOUS AUREZ RIEN JE VOUS DONNERAIS RIEN.

Je suis méchant je vais vous bouffez je vais vous mordre vous allez pas comprendre, libérez moi maintenant, j’ai dit je vous dirais rien j’ai déjà tout dit, j’ai dit vous ne saurez rien, vous savez tout alors ? Alors quoi ?

UNE FOIS PENDANT 48H J’AI MANGE MON CACA, le plus dur c’était pas de mâcher mais le temps de digestion attendre que ça revienne et gérer le stock.

Alors ça vous impressionne même pas un peu ça, c’était une performance, une performance d’artiste parce que je suis un artiste moi, je mange mon caca je vomis des macdo je dénonce et je vais vous dénoncer.

 VOUS. Je vais dénoncer ce que vous m’avez fait, dans la petite pièce avec les petits auteurs fallait pas m’enfermer hein je vous l’avais dit,

EST-CE QUE JE VOUS L’AVAIS PAS DIT,

que j’étais dangereux, est puis j’ai