Chapitre 5 : Souvenirs

 

Louis se souvient très bien de la première fois où il a vu Chloé. Il avait 14 ans, il rentrait en 4ème dans un nouveau collège. Il avait déménagé pendant les vacances avec ses parents dans cette nouvelle ville. C’était le cœur lourd qu’il avait dû quitter tous ses amis et son club de foot. Pour lui faire oublier son chagrin, ses parents lui avaient acheté un chien, un beau labrador noir. Avant, ils habitaient tous les trois dans un grand appartement parisien, c’était donc hors de question qu’il ait un animal. Maintenant qu’il habitait une grande maison avec jardin, près de la forêt, ses parents avaient cédé. Rapidement, Louis s’était senti à l’aise dans ce nouvel environnement. Chaque recoin de la ville lui semblait familier, comme s’il avait toujours vécu là. Il avait passé la fin de l’été à se promener, jouer avec son chien. Ensemble, ils allaient dans la forêt pour échanger des parties de foot qui se terminaient souvent par une balle crevée.

La veille de la rentrée, Louis n’avait pas pu dormir. Il s’était alors assis sur la banquette devant la fenêtre et avait observé la ville. La plupart des lumières étaient éteintes. Tout le monde dormait. Louis imaginait chaque habitant chez eux.Cherchant leurs rêves et leurs cauchemars. A ce moment, il ne savait pas que dans une de ces maisons, là-bas de l’autre côté de la colline se cachait cette fille dont il allait tomber éperdument amoureux.

Le lendemain, sa mère l’avait retrouvé endormi en boule devant la fenêtre. Elle l’avait alors réveillé délicatement et invité à se préparer rapidement s’il ne voulait pas être en retard pour son premier jour. Il était arrivé en avance devant son nouveau collège. C’était un grand collège devant lesquelles se dressaient des grilles qui semblaient vouloir percer le ciel. Un ciel gris. Il était entré dans la cour, le torse gonflé, impatient de découvrir ce qui l’attendait. Au milieu, des élèves étaient déjà en train d’attendre. Rapidement, la cour s’était remplie. Louis s’était mis un peu en retrait afin de pouvoir observer ces nouvelles têtes. Son regard fut immédiatement posé sur une fille en particulier. Elle se tenait très droite et portait un sac à dos avec des écussons accrochés un peu partout dessus. Ses cheveux châtains tombaient dans son dos. Une mèche était coincée sous la bretelle de son sac. Elle tenait une autre fille par la main. Un lien important semblait exister entre elles. De là où il se tenait, Louis ne pouvait voir que le profil de la jeune fille. Elle avait un visage délicat, de jolies pommettes rosées, et un petit nez légèrement retroussé. Elle ne cessait de se mordiller les lèvres tout en fixant la principale qui enchaînait les noms. Louis ne pouvait détacher son regard d’elle et n’avait qu’une seule envie ,qu’elle se retourne pour qu’il puisse découvrir ses yeux. Il pouvait deviner de beaux yeux sombres un peu en amande et de longs cils noirs. Un regard à la fois mystérieux et pure. A ce moment, son nom avait résonné dans la cour, le sortant de sa torpeur. On lui avait indiqué un bâtiment. Il était alors passé juste derrière la fille lui frôlant la main au passage. Il voulait sentir sa peau contre la sienne. Puis il s’était faufilé au milieu des élèves en direction du bâtiment. Il était entré dans un grand couloir dans lequel de nombreux élèves attendaient déjà. Il avançait tout en regardant le numéro des salles. Après avoir traversé tout le couloir, il était enfin arrivé au niveau de sa classe. Il s’était alors adossé contre la porte et avait sorti son livre. Une histoire de science fiction. Il était en pleine invasion extraterrestre quand il avait sentit une forte présence  tout près de lui. En levant les yeux, il l’avait alors découverte juste en face de lui. C’était elle, la fille de la cour. Elle le regardait si intensément qu’il sentit tout son corps frissonner. Elle était envoûtante. Elle était plus jolie que tout ce qu’il avait pu imaginer. Son cœur s’était alors mis à battre d’une façon étrangère, comme s’il voulait sortir de sa poitrine. Il commençait à sentir ses mains devenir moite quand la jeune fille brisa ce moment en détournant son regard du sien. On venait de l’appeler. Une autre fille était en train d’arriver en courant dans sa direction. A ce moment, la porte contre laquelle il était adossé s’était ouverte le faisant basculer au cœur de la classe. Son prof lui avait alors indiqué un pupitre où s’asseoir. Il s’était exécuté. Une fois assis, il n’avait cessé d’observer la porte en pensant très fort “Faites qu’elle soit dans ma classe…”.

 

Tiphaine Cazanave



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