Comme un doux dimanche matin

 

C’était comme un rêve, un rêve qu’on aimerait vivre à l’infini. Ces moments magiques où le temps s’arrête. Où une douceur nous enveloppe et une une lumière nous caresse la peau. Ce rêve, je m’en souviens encore.

C’est le matin, la température est parfaite, je me sens bien, apaisée. La fenêtre est ouverte et une légère brise fait voler les voilages blancs. Quelques rayons de soleil se fraient un chemin à travers le feuillage qui grimpe sur la maison de pierres et finissent par dessiner des spirales sur le sol de la chambre. Je suis bien sous les draps en lin qui épousent mes courbes comme une seconde peau. Je sens sous moi le matelas moelleux qui a pris la forme de mon corps et le maintien au chaud. Dans l’air, une douce mélodie vient me chatouiller les oreilles. La voix cristalline se marie à merveille avec le chant des oiseaux. Je me lève et regarde pas la fenêtre. Au loin, le lac réfléchit les rayons du soleil et me font légèrement plisser les yeux. La sensation est parfaite. Le vent qui s’engouffre dans la maison me donne un léger frisson. Je remonte le draps sur mes épaules. Mes cheveux ébouriffés volent au rythme de la brise. Une légère odeur de pain grillé et de café commence à se faire sentir enveloppant la pièce d’une atmosphère chaleureuse. La maison commence petit à petit à se réveiller et des pas s’agitent dans les escaliers en bois qui grincent tendrement. Les rires des enfants prennent l’espace. La maison vibre de bonheur. Le beurre fond sur les tartines chaudes et le café fume dans les tasses enveloppant la cuisine de son arôme. Doux dimanche matin, comme j’aime ta saveur. Les enfants s’amusent à se faire des moustaches avec le lait oubliant les céréales qui ramollissent au fond. Le chat vient se frotter sous la table chatouillant les jambes de chacun. Les miettes de pain habillent la table et certains s’amusent à mouiller leur doigt pour les capturer. La radio continue de chanter en fond. Au bout de la table, Mémé Myrtille explique la recette de sa confiture maison comme chaque dimanche matin. Tout le monde la connaît mais personne n’ose lui faire la remarque, car son sourire lorsqu’elle la raconte est si radieux qu’elle pourrait ne raconter que ça, que ça n’aurait pas d’importance. On l’écoute alors attentivement en trempant nos tartines dans nos chocolats chauds laissant à sa surface un nuage de beurre jusqu’à ce que le soleil s’engouffre dans la cuisine nous informant que c’est l’heure d’aller s’habiller afin de profiter du jardin et du lac. Doux dimanche matin, comme je t’aime.