L’Histoire des Happy Hours

Nous sommes de l'étoffe dont les rêves sont faits

par Lucas Lecointe

 

Il est des plus importants en ces temps troublés de se souvenir des choses qui nous rendent heureux, et s’il y a bien une chose qui nous rend heureux une fois par mois c’est l’Happy Hour. Chaque premier jeudi du mois nous avons l’occasion de monter sur scène, sur notre scène ouverte, nous avons l’occasion de nous renouveler, de montrer que nous sommes de l’étoffe dont les rêves sont faits, comme dirait William.

L’Happy Hour est un rendez vous très important pour la compagnie, nous mesurons la chance qui nous est donnée d’avoir ces retrouvailles mensuelles, cette opportunité de monter sur scène lorsque l’alexandrin nous démange, lorsque les mots jaillissent de nos crayons pendant plusieurs nuits blanches, lorsque nos corps se déhanchent d’impatience sur des rythmes de salsa, de rock, de menuet ou d’electro-swing, lorsque nos instruments s’ennuient dans leurs étuis.

Même s’il est devenu une habitude tenace de se retrouver le premier jeudi de chaque mois pour célébrer l’Happy Hour sous les couleurs d’un thème différent, il n’en reste pas moins exceptionnel d’organiser un tel événement. Chaque mois c’est reparti pour une nouvelle aventure, comme un spectacle qui ne se jouerait qu’une seule fois, chaque mois différent avec sa propre mise en scène, son décor, ses comédien.e.s et son message. Comme un metteur en scène stressé par la première de son spectacle, durant la soirée nous somme sur le qui-vive : Est-ce que tous les enchaînements vont se faire dans le bon ordre? Est-ce que les artistes ne vont pas céder au trac qui les oppresse et refuser de monter sur scène? Les stocks du bar vont-ils suffire à étancher la faim de nos invités? Les stocks de numéros vont-ils suffire à abreuver la soif de découverte de notre public? Les gouttes commencent à perler sur nos visages inquiets, mais la plupart du temps cela se déroule pour le mieux et lorsque nous fermons les portes du théâtre, après avoir félicité tous les artistes pour leur performance unique et éphémère, nous éprouvons un sentiment incomparable d’avoir réussi une nouvelle fois à partager de la joie et à planter des petites graines de culture dans les têtes.

Sentiment de courte durée, environ de 2h à 3h du matin lorsque notre corps lessivé par la journée trouve enfin le réconfort de l’oreiller, car dès le lendemain au réveil il faut se mettre à travailler sur notre prochain spectacle unique qui se jouera dans 30 jours, le prochain premier jeudi. Le chemin est court mais jamais nos pieds ne traînent, les rencontres sur le bord de la route nous donnent de la force pour avancer et certains nous accompagnent sur de nombreux kilomètres.

Il y a 4 ans, en mars 2016, naissait notre beau bébé. C’était la première fois que nous devions nous occuper d’un tout petit, mais nous étions prêts et nous avons trouvé nos marques très rapidement. Nous lui apportons autant qu’il nous apporte en rencontres artistiques, en moments de partage et de joie, en développement personnel. Tout comme notre bambin, la compagnie a grandi, évolué et chacun apporte sa petite touche dans l’éducation de cet enfant pour en faire un quelque chose entre les deux, un quelque chose qui n’existe pas ailleurs et qui nous fait du bien.

Aujourd’hui c’est ton anniversaire et comme tout le monde, tu es confiné, mais ne vous inquiétez pas il reviendra bien vite, et en attendant je te souhaite un Happy Birthd’Hour…

Lucas Lecointe, responsable des Happy Hours



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